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Le point sur le manque de gynécologues par le Dr Bied Damon, spécialiste fertilité & infertilité

En 2018, la France comptait 1054 gynécologues médicaux, soit un nombre tristement insuffisant puisqu’il conduit à une proportion de 3 gynécos pour 100 000 femmes en âge de procréer. Ayant aujourd’hui plus de 60 ans, plus de la moitié de ces médecins gynécologues partira en retraite au cours des toutes prochaines années. Tandis que les prévisions laissent entrevoir un accroissement de cette pénurie à courts termes, le Dr Véronique Bied Damon, gynécologue spécialiste fertilité & infertilité, fait le point sur la situation et les alternatives qui s’offrent au femmes dans le cadre des suivis, ainsi que dans celui de la prisesen charge de pathologies gynécologiques et autres problèmes d’infertilé.

La réalité médicale

Des chiffres qui préoccupent le Conseil National de l’Ordre des Médecins

En dix ans, le nombre de gynécologues médicaux s’est vu amputé de 42%, 3 gynécologues médicaux pour assurer le suivi et la prise en charge de 100. 000 femmes en âge de procréer, c’est l’inquiétante réalité du terrain hexagonal, en ville comme à la campagne.

Du fait d’une forte demande et de leur nombre insuffisant, la plupart de ces praticiens n’accepte plus de nouvelles patientes, tandis que ceux qui consentent à les recevoir annoncent des délais d’attente souvent vertigineux. En 2017, le CNOM recensait 6 départements exempts de médecins gynécologues. Fertilité, contraception, santé reproductive, gestion de la ménopause, approche de la sexualité, de la contraception, dépistage de l’infertilité  : les gynécologues médicaux sont sensés assurer le suivi gynécologique des femmes tout au long de leur vie de la puberté à la ménopause . Leur rôle est essentiel et leur nécessité indiscutable.

Un déficit lié au renouvellement générationnel ?

La désertification en marche

"Malgré la récente augmentation des places en internat, une très forte baisse va prochainement s’opérer avec la vague de départs à la retraite." Déclare le Dr Jean-Marcel Mourgues, chargé de la section Santé publique et démographie médicale au sein du CNOM.

Sachant que sur les 1 054 médecins gynécologues en activité en 2018, près de la moitié est concerné par un très prochain départ en retraite, les 82 postes en internat ouverts pour la rentrée de 2017 ne risquent pas de régler le problème, bien au contraire.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Il faut remonter dans les années 80, pour s’apercevoir que le Ministère de la Santé avait alors supprimé purement et simplement cette spécialité, au motif d’une « harmonisation européenne des diplômes » . Les étudiants en médecine gynécologique ont dû attendre 2003 pour refaire leur apparition sur les bancs de la Fac. Mais le nombre de places insuffisant ne permettant pas le remplacement des départs en retraite, le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale estime à 120 places par an le nombre de places nécessaire.

Des couples infertiles en augmentation constante et peu de consultations gynécologiques

La fertilité connaît dans le même temps, une chute elle aussi considérable. Tandis qu’ils devraient être en première ligne dans le cadre de la prise en charge des problèmes d’infertilité, les gynécologues médicaux se font de plus en plus rares. La demande de prise en charge de l’infertilité ne cesse d’augmenter mais le nombre de gynécologues n’a pas suivi, d’où les listes d’attentes.

Des suivis gynécologiques aléatoires

Au-delà de compliquer l’accès à l’information sur la sexualité pour les jeune, cette situation engendre de nombreuses conséquences fâcheuses pour la population féminine française.
Pia De Reilhac, gynécologue Présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale, évoque les conséquences probables de la pénurie de gynéco : « On va se retrouver avec des dépistages tardifs, des frottis anormaux, une augmentation des cancers du col de l’utérus, des problèmes d’infections, des IST difficiles à détecter, des pathologies du sein. Quant à la ménopause, il n’y a que les gynécologues médicaux qui s’en occupent. ».
Que dire de l’accès à la contraception ? Selon Marie Stagliano "la pilule a été un énorme progrès car elle a permis un suivi plus régulier des femmes. Et ce suivi a permis une diminution spectaculaire du nombre de cancers du col de l’utérus, divisé par trois en vingt ans."

Les solutions évoquées

Médecins généralistes

L’objectif des professionnels de santé est « d’assurer, malgré la pénurie, le suivi gynécologique des femmes pour qu’elles ne subissent pas de retard dans leur prise en charge. » Alors que le rôle des médecins généralistes est évoqué dans la résolution des problèmes engendrés par la pénurie de gynécologues en France, la réalité pratique n’est pas pour encourager ce recours. En effet, ils sont peu à pratiquer le suivi gynécologique sur le terrain. D’ailleurs, leur formation est succincte et seuls 25% d’entre eux disposent du matériel pour réaliser l’acte de base, le frottis.

Sages-femmes

Si la communauté de sages-femmes pourrait selon elle constituer une autre alternative à la pénurie, le CDGM dénonce une mise en danger la vie des femmes. « Les sages-femmes ne sont pas formées pour, ce n’est pas un mois de formation qui va combler 11 ans d’études". En 2017 déjà, Marie-Anne Poumaer, Présidente de l’Union Nationale et Syndicale des Sages-femmes affirmait les compétences de ces dernières en matière de suivi gynécologique "Nous sommes (...) parfaitement capables d’assurer le suivi gynécologique des femmes en bonne santé, même quand elles ne sont pas enceintes".

Internes en gynécologie médicale ?

S’il paraît compliqué de faire face au creux générationnel qui touchent les gynécologues médicaux, l’implication des internes en gynécologie médicale pourrait également constituer une solution à moyen terme, mais le nombre de place reste insuffisante. Présidente de l’Association Nationale des Internes en Gynécologie Médicale, Albane Vandecandelaere est confiante quant à leur motivation. Si elle regrette le manque d’action du Gouvernement, le Dr Pia De Reilhac, bien décidée à ne rien lâcher, prévient : « Nous en sommes au début. La question est de savoir où s’arrête la surveillance des médecins généralistes et des sages-femmes et où débute celle des gynécologues médicaux. »

Le mot du Dr Véronique Bied Damon, gynécologue spécialiste de la fertilité et des questions d’infertilité

L’avenir de la spécialité gynécologie médicale, les questions de fertilité et d’infertilité

"La Gynécologie est pratiquée soit par les gynéco-obstétriciens avec une orientation chirurgicale, soit par les gynécologues médicaux. La spécialité gynécologie médicale est une spécificité française qui répond un réel besoin des femmes en France et permet de se hisser en tête de la prévention des cancers gynécologiques . Aller chez son gynéco, c’est non seulement aller chez un médecin pour répondre aux questions médicales concernant leur appareil génital, mais c’est aussi le médecin chez qui elles peuvent confier leur intimité et avoir des conseils pour améliorer leur vécu de femme de la puberté à la ménopause.
Cette pénurie en gynécologie médicale est aggravée par le faite que certains gynécologues s’orientent vers la fertilité et n’ont plus le temps de recevoir les patientes en Gynécologie classique, faute de temps. Pour ma part j’ai dû limiter à une seule consulte par jour pour la gynécologie médicale ayant une activité en fertilité et médecine de la reproduction, très chronophage . Cependant je suis responsable d’un semestre dans la formation des internes en Gynécologie Medicale et médecine de la reproduction, spécialité quasiment exclusivement féminine ! Sur Lyon seulement trois sont formées par an, ce qui ne compense pas dix départs à la retraite... Si une réforme est en cours, en attendant la pénurie est bien réelle !"

« L’intérêt d’une prise en charges gynéco psychologique dans le cadre de l’infertilité », par la spécialiste en fertilité reproductive

"Débordé par le nombre de patientes, il n’est pas toujours possible de prendre le temps nécessaire pour comprendre le contexte psychosocial du couple. Or l’infertilité et les blocages psychologiques ou émotionnels sont très liés. C’est pour cela que selon leur besoin et leur sensibilité, le couple s’oriente vers des psychologues, acupuncteurs, ostéopathes ou sophrologues, afin d’exprimer leur souffrance dans le cadre de ce parcours en AMP souvent difficile.
La prise en charge idéale serait une consultation conjointe gyneco et psychologue afin de créer un échange interactif et agir en synergie pour plus d’efficacité. Une à deux fois par mois, je consulte en binôme avec la psychothérapeute Valerie Grumelin, et nous observons une excellente adhésion des patientes qui se sentent comprises et en confiance. Au-delà d’augmenter l’efficacité dans la prise en charge médicale, cela leur permet également de retrouver leur intégrité psychique sans résistance à la grossesse. Ce fonctionnement gyneco-psy devrait se développer en particulier dans les centres de AMP."

Contacter le Dr Bied Damon

Pour une consultation gynécologique ou pour une prise en charge gynéco-psy d’un problème d’infertilité, vous contacter le Dr Bied Damon, vous pouvez adresser votre demande au Dr Bied Damon via le formulaire de contact, ou l’appeler au 06.09.91.47.00

Source : FRANCE INFO

Le point sur le manque de gynécologues par le Dr Bied Damon, spécialiste fertilité & infertilité

En 2018, la France comptait 1054 gynécologues médicaux, soit un nombre tristement insuffisant puisqu’il conduit à une proportion de 3 gynécos pour 100 000 femmes en âge de procréer.

Le témoignage de Lyne, infertile et enceinte à 49 ans

Active et pleine de vie, Lyne a vécu sa vie de jeune femme à 100 à l’heure, avec en filigrane toujours présent, le projet de fonder une famille. Cela viendrait naturellement, il suffisait de faire confiance à la vie pour trouver son Homme, celui qui deviendrait le père de ses enfants.

Don de gamètes : comment devenir donneur de sperme ou donneuse d’ovocyte ?

Le don de gamètes est une solution à l’infertilité, qui dans le cadre de l’Aide Médicale à la Procréation (AMP), aide plus de 3500 couples chaque année en France à mettre un, et parfois même plusieurs enfants au monde. La rigueur de la réglementation française sur le sujet freine ainsi nombre d’hommes et de femmes souhaitant franchir le pas.