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Tomber enceinte après 40 ans : Comment retarder la ménopause

Afin d’éviter les désagréments associés à cette étape inéluctable, ou dans le but d’augmenter leurs chances de tomber enceinte apres 40 ans, les femmes rêvent de retarder l’échéance de la ménopause. Entre allongement de la durée de vie et amélioration des conditions de santé, la période de fertilité de 40 ans en moyenne devient insuffisante pour bon nombre de femmes qui n’hésitent plus à avoir recours à des traitements dans le but de retarder cette ménopause, voir pour tomber enceinte après 40 ans, âge auquel les chances de procréer tombent à 6% par cycle. Une nouvelle technique pourrait bien aujourd’hui représenter un réel espoir de prolonger la période de vie génitale de 15 à 20 ans.

La nouvelle technique médicale pour retarder la ménopause

L’espoir au féminin

C’est en effet ce que révèle anglais un article du Guardian, rapportant la mise au point par la Société ProFam d’une technique médicale permettant un retard considérable de l’âge de la ménopause, déjà utilisée avec succès auprès d’une population féminine atteinte du cancer. Au-delà d’augmenter les chances de tomber enceinte après 40 ans, cette procédure permettrait de repousser l’apparition des symptômes qui accompagne la fin du cycle féminin : bouffées de chaleur, baisse de la libido, insomnie, anxiété, sueur nocturne, déprime, etc.

La procédure : une auto-greffe de tissus ovariens

Comment retarder la ménopause ?

S’opérant sur des femmes de moins de 40 ans, la technique consiste à prélever un échantillon de leurs tissus ovariens pour le conserver un temps donné à -150°. Ce prélèvement pourra, le moment voulu, être réimplanté sur une partie du corps particulièrement vascularisée afin de maximiser les chances du greffon de libérer les hormones sexuelles qui arrêteront la ménopause.

Côté fertilité, la promesse de tomber enceinte après 40 ans ?

Plus le prélèvement s’effectue tôt en âge, plus les chances après 40 ans d’avoir un bébé augmentent. The Guardian précise : « Les tissus ovariens prélevés sur une femme de 25 ans pourraient retarder la ménopause de vingt ans, alors que les échantillons de tissus ovariens prélevés sur une femme de 40 ans ne pourraient retarder son apparition que de cinq ans seulement  »,

Le mot de la gynéco

Véronique Bied-Damon, gynécologue endocrinologue spécialiste de la reproduction


« La période de la vie génitale d’une femme s’étend de la puberté vers 12 ans, à la ménopause autour de 52 ans. Soit une durée de 40 ans environ d’exposition cyclique aux hormones sexuelles, correspond à la période de fertilité .

Étant donné l’augmentation de l’espérance de vie à plus de 85 ans pour une femme, la période de vie après la ménopause ne cesse d’augmenter, et les femmes sont de plus en plus nombreuses à désirer tomber enceinte après 40 ans. L’autoconservation de tissu ovarien prélevé avant l’âge de 30 ans puis regreffé vers 45-50 ans, permettrait de reculer d’environ 15 à 20 ans l’âge de la ménopause, évitant ainsi tous les désagréments de la ménopause sans avoir besoin de prendre un traitement hormonal substitutif .

Bien que cette procédure très séduisante engendre une amélioration considérable de la qualité de vie, n’amène-t-elle pas à se poser certaines questions ? Notre organisme n’est-il pas programmé pour avoir une exposition cyclique aux œstrogènes sur 40 ans ? Quelles conséquences pourrait avoir une exposition plus prolongée aux œstrogènes et progestérone pendant 60 ans ou plus ? Ne perturberait-on pas ainsi la chronobiologie ? A vouloir retarder ainsi la ménopause, ne risque-t-on pas de provoquer certaines pathologies comme les cancers hormonaux dépendants (le sein ou l’utérus) ?

Tout dépend bien sûr de notre héritage génétique, car nous ne sommes pas tous égaux devant une même exposition aux risques et en particuliers aux estrogènes. Les prochaines études qui ne manqueront pas d’être menées sur l’exposition prolongée des cellules aux œstrogènes permettrons sans doute d’évaluer l’effet trophique de cette exposition prolongée, son effet inducteur ou accélérateur sur certains cancers hormonodependants. Toujours est-il que devant l’augmentation de l’espérance de vie, beaucoup de femmes prennent des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause. Ne serait-il pas plus judicieux et plus physiologique pour la femme, de combler son déficit hormonal par la greffe de son propre tissu ovarien congelé, et donc avec ses propres hormones ? Toutefois, quelques inconnus subsistent : Avec le temps , la sensibilité aux hormones reste-t’elle la même ? Les récepteurs sont-ils aussi fonctionnels ? Qu’elle serait la conséquence d’un dysfonctionnement des récepteurs aux estrogènes et ou à la progestérone ? »

La vraie question reste : est-il sans risque de prolonger l’exposition aux œstrogènes de la femme et de repousser de plus de 20 ans l’âge de sa ménopause ?

« Concernant la fertilité, la greffe de tissu ovarien permettrait aussi de prolonger la période de fécondité avec la possibilité d’obtenir des ovocytes mûrs et de bonne qualité. Selon le lieu de le greffe du tissu ovarien pas toujours en contiguïté avec les trompes, le plus souvent le recours à la FIV sera nécessaire pour des raisons anatomique Ces ovocytes correspondant à l’âge biologique de 30 ans (âge de la congélation), alors que l’âge chronologique serait de de 40/45 ans voir plus. Si cette perspective répond au besoin sociétal de désir de grossesse de plus en plus tardif et est techniquement possible, il convient également de prendre en compte le risque obstétrical d’une grossesse après 40 ans ! »

Source : Le Point

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