Vous êtes ici » fr » Actualités » Post confinement : où en est votre désir d’enfant ?

Post confinement : où en est votre désir d’enfant ?

A l’instar des « fertiles », nombre de couples infertiles voient aujourd’hui leur projets de conception mis à mal, lorsqu’ils ne volent pas en éclats ! Si l’on ne disposent pas à ce jour de statistiques pour appuyer les dommages engendrés par près de deux mois et demi de confinement, les cabinets d’avocats semblent déjà crouler sous les demandes de divorces, tandis que les Centres d’AMP risquent de voir croître le nombre d’abandons de procédures. Est-ce inévitable ? Psychothérapeute comportementaliste spécialiste de la fertilité et co-auteur du Guide de l’Infertilité avec le Dr V. Bied-Damon, Valérie Grumelin nous conseille.

Les conséquences du confinement sur le couple

L’enquête IFOP

Alors que la plupart des couples expérimentait pour la première fois la « cohabitation totale et permanente », la promiscuité proportionnelle à la taille du logement imposée par le Covid semble en effet avoir eu raison des sentiments, du moins du désir d’être ensemble. Un récent sondage IFOP révèle qu’1 couple sur 10 s’apprête à prendre ses distances à l’issue du confinement, et même que 4% d’entre eux envisagent la rupture sans appel.

Le confinement et la libido

Des rapports sexuels en baisse

Qu’ils soient célibataires ou en couple, cette étude indique que les français n’ont pas profité du confinement pour booster leur vie sexuelle, bien au contraire ! Au mois d’avril, 44% d’entre eux déclarent ne pas avoir eu de relation sexuelle, contre 26% en temps normal. Pour expliquer ce phénomène, les célibataires pointent la difficulté à trouver des partenaires, et les coulpes déplorent le stress général (ennemi de la fertilité !), ainsi que les conditions du confinement.

Une insatisfaction en hausse

Mais les français ne se contentent pas de moins faire l’amour, ils sont également beaucoup moins satisfaits de leur sexualité. Entre la présence ininterrompue des enfants, la promiscuité avec le conjoint, le stress, l’insomnie et autres angoisses, la libido et la fertilité sont mises à mal, et l’épreuve est particulièrement difficile à vivre en cas d’infertilité dans le couple.

Et l’infertilité dans tout cela ?

Ces coulpes qui se sont « mis la pression »

Plus de rapports sexuels, plus de chances d’avoir un bébé !

A l’occasion du confinement , vous êtes nombreux à vous être « mis la pression », voyant dans ce rapprochement forcé et constant, une occasion unique de multiplier les rapports sexuels, et de fait vos chances. Malheureusement, la fertilité est plus complexe. Si le confinement nous a offert du Temps, il nous a également apporté son lot de stress, d’ennuis, d’absence d’intimité, de nouvelles anxiogènes, de tâches ménagères, d’enfants à s’occuper, de devoirs à faire, etc. Comment préserver sa libido en vivant scotché 24h/24 à son partenaire ? Comment trouver du temps pour son couple ? Rien de pire pour la fertilité que de réduire l’acte sexuel au simple « moyen » de procréer. Lorsqu’il devient une obsession, le désir d’enfant peut se révéler totalement contre-productif.

Le conseil de Valérie pour préserver sa libido et son couple

« En période de confinement comme à toute autre, je conseille pour préserver sa libido, de bien différencier « faire l’amour pour avoir du plaisir  » de « faire l’acte sacré pour accueillir la vie ». Ainsi vous aurez la capacité de lâcher prise, de vous amuser tout en retrouvant les préliminaires des jeunes amoureux que vous fûtes. Ce n’est pas du tout la même manière de voir les choses : dans l’un on ne cherche que le lâcher-prise et le plaisir, et dans l’autre la concentration, la contemplation et l’accueil. Pendant la période d’ovulation, consacrez-vous à faire l’amour un matin sur deux, en accueillant dans votre esprit et dans votre corps, le potentiel maximale d’accueil à la vie. Vous conserverez ainsi intacte votre libido, en préservant vos moments de massage, de douceur, de préliminaires et autres plaisirs, comme au bon vieux temps ! »

Ces projets de grossesse sur le point d’avorter

Lorsque le désir d’enfant disparait

Tel qu’en témoignent les résultats de l’enquête IFOP sur « l’impact du confinement sur l’activité et le bien-être sexuel des français », la crise du Covid 19 n’a pas épargner les couples, et les infertiles ne sont pas épargnés. Vous êtes également un certain nombre à remettre en question votre projet de grossesse, votre envie de faire un bébé, du moins avec votre conjoint !

Ce qu’en dit la psy de l’infertilité

« Vous étiez en période de désir de procréer, et soudain, avec le confinement, ce désir commence à disparaître ? Vous ne supportez plus l’homme ou la femme avec lequel vous vivez confiné du matin au soir ? Il n’est alors pas anormal que vous vous interrogiez sur l’état de vos motivations, sur votre envie. Bien au-delà des couples, ce sont tous les humains qui ont été mis à rude épreuve. Surtout, ne pas prendre de décision précipitée, car heureusement, les périodes de confinement 24 heures sur 24 sont très rares. La personne avec laquelle vous vivez est certainement comme vous : confinée, angoissée, et stressée, elle laisse apparaître tout ce qu’elle n’arrive pas à contrôler ni à maîtriser, telles ses émotions et son hypersensibilité. En revanche, il est intéressant de se rendre compte de toutes ses souffrances et de ce qu’elle n’a pas réglé. Cela présente au moins l’avantage de permettre une consultation de décryptage de ce que vous avez découvert, et de ce qui vous bloque. Car si votre projet bébé était bien engagé, il semble sage d’éviter de commettre une erreur, surtout si vous aimez vraiment la personne avec laquelle vous êtes en train de vouloir donner vie. En cas d’hésitation, une séance de décryptage vous permettra d’exprimer vos doutes, et d’analyser ce que vous avez pu percevoir en les exprimant, levant ainsi le stress. Vous pourrez retrouver une certaine sérénité afin de continuer votre projet de procréation ou envisager, pourquoi pas, une séparation. Il convient ainsi de ne pas prendre de décision sans avoir consulté après la période de confinement. »

Ceci étant dit, nous sommes bien loin d’une prochaine désertification des Centres d’AMP, puisque l’étude IFOP révèle également que « 88% des personnes qui ont été confinés sous le même toit repartiraient avec le/la même partenaire en cas de renouvellement de la période de confinement ». De là à conclure que le bien-être du couple ne dépend pas uniquement de la fréquence de ses rapports sexuels, il n’y a qu’un pas !

Source : IFOP

Ces articles peuvent vous intéresser :

Parce que libido et projet bébé vont de pair, et si on prenait un bon livre contre l’infertilité ? !
Les positions pour tomber enceinte rapidement : FAKE or not FAKE ?
Quand le stress de l’homme cause l’infertilité masculine

Post confinement : où en est votre désir d’enfant ?

A l’instar des « fertiles », nombre de couples infertiles voient aujourd’hui leur projets de conception mis à mal, lorsqu’ils ne volent pas en éclats ! Si l’on ne disposent pas à ce jour de statistiques pour appuyer les dommages engendrés par près de deux mois et demi de confinement, les cabinets d’avocats semblent déjà crouler sous les demandes de divorces, tandis que les Centres d’AMP risquent de voir croître le nombre d’abandons de procédures.

Covid 19 & PMA : ce que le Coronavirus change pour les couples infertiles

Quelles sont les conséquences de la crise du Covid-19 pour ces couples et les nourrissons à venir ? Gynécologue endocrinienne spécialiste de la reproduction, de l’infertilité et de l’AMP, le Docteur Véronique BIED DAMON fait le point sur la situation de ceux qui sont en plein projet bébé.

Comment une infertilité expliquée peut-elle devenir psychologique ?

Saviez-vous que l’infertilité psychologique peut également s’inviter chez des couples chez qui l’infertilité est expliquée par un dysfonctionnent physiologique, tel une insuffisance ovarienne, ou encore une azoospermie. Comment cela est-il possible ? Quelles sont les conséquences et les solutions ?