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Infertilité et drogues : les effets du Cannabis, de la Marijuana, cocaïne et héroïne

Tandis que l’infertilité gagne du terrain, que la PMA n’en finit pas de déchaîner les foules et les foudres, il est plus qu’urgent d’encourager chacun à prendre soin de sa fertilité, bien au-delà du couple. Les futurs parents se rencontrant de plus en plus tard, ils décalent d’autant le lancement des projets de grossesse. Et contrairement à ce que d’aucuns croient encore, l’âge auquel une femme se décide à procréer est bien loin d’être le seul facteur en jeu dans la réalisation de son désir d’enfant. Marijuana, Cannabis, cocaïne ou d’héroïne amenuisent également considérablement les chances d’attendre un bébé. Drogues et infertilité : le Guide vous éclaire.

Les drogues peuvent-elles vraiment causer l’infertilité ?

Rappel : alcool, tabac & appareils reproducteurs

Pas toujours considérés par l’opinion comme des drogues, ils sont connus pour favoriser l’infertilité

S’il ne s’agit pas « exactement » du thème de cet article, il convient tout de même de rappeler la mise à mal de la fertilité opérée par le tabac et l’alcool. Le tabac par exemple, modifie la composition du sperme de l’homme, il perturbe le cycle menstruel de femmes, altère leurs trompes de Fallope ainsi que le col de l’utérus, et peut également provoquer des grossesses extra-utérines. L’alcool réduit quant à lui le taux de testostérone impliqué dans la fabrication du sperme de l’homme, et peut induire des cycles menstruels irréguliers, voir même anovulatoires.

Des mesures radicales pour augmenter les chances de grossesses

Bien qu’il soit souvent compliqué d’identifier, voir même d’incriminer la consommation d’alcool ou de tabac dans le cadre de l’infertilité d’un couple, c’est un fait établi : cesser ou réduire significativement la consommation d’alcool et de tabac augmente les chances de procréer naturellement. De plus en plus de couples en situation d’infertilité inexpliquée prennent d’ailleurs des mesures radicales, afin d’augmenter leurs chances de grossesses, y compris dans le cadre d’un parcours PMA.

Oui, les drogues favorisent l’infertilité, des hommes et des femmes

Mais si peu de fumeurs ignorent encore les effets dévastateurs du tabac sur la fertilité, les consommateurs de drogues, dures comme dites « douces », semblent quant à eux moins informés des risques d’infertilité associés. Et pourtant, côté infertilité, les drogues sont également un fléau pour la fertilité féminine comme pour la fertilité masculine. Cannabis, Marijuana, cocaïne et héroïne, zoom sur les liens drogues et infertilité.

Les effets de la Marijuana, du Cannabis, de la cocaïne et de l’héroïne sur la fertilité

Souvent au fait des risques pénaux qu’elles encourent, les personnes qui se droguent pensent rarement aux conséquences de leur consommation sur leur fertilité. Et pourtant, les effets néfastes de la Marijuana, du Cannabis, de la cocaïne et de l’héroïne sur la fertilité sont réels et concernent les hommes comme les femmes.

Cannabis, Marijuana et fertilité

Selon une étude menée en 2014 par le Dr Allan Pacey, Professeur d’andrologie à l’université de Sheffield (USA), le Cannabis double les risques d’infertilité masculine ! Le lien drogue et infertilité s’est alors vu confirmé, et les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue « Human Reproduction ». L’auteur y explique à quel point le Cannabis altère la production et la qualités des spermatozoïdes, qui ne parviennent alors plus à féconder l’ovule, ni même souvent à l’atteindre. Le Dr Pacey précise « Si vous souhaitez fonder une famille et avoir un enfant, vous devez arrêter dès maintenant de consommer du cannabis, pour que votre sperme redevienne normal d’ici environ 3 mois ».

Conséquences du Cannabis sur la fertilité féminine

Les conséquence de cette drogue sur l’infertilité féminine est également à prendre en compte puisque la consommation de Cannabis augmente le risque de kystes ovarien, de fausse-couches, de grossesses extra-utérines, etc. Sachant que la majorité des fumeurs de Cannabis y ajoutent du tabac, cela augmente d’autant les risques d’infertilité liés à cette drogue.

Cocaïne, Héroïne, LSD, Extasy et Amphétamines

Si prendre des stéroïdes anabolisants peut provoquer la stérilité, la consommation de LSD peut quant à elle abîmer les chromosomes. Bien au-delà de favoriser les dysfonctionnements sexuels masculins et outre les risques d’endommagement de l’ADN et des gamètes, la consommation de Cocaïne, d’Héroïne, de LSD, d’Extasy, d’Amphétamines et autre drogues du genre, altère la ‘bonne santé ‘ d’un individu. Les conséquences « indirectes » peuvent alors être nombreuses, et engendrer indirectement l’infertilité. Les drogues, dans le cadre d’un projet de grossesse, sont ainsi à proscrire pour de nombreuses raisons.

Notre avis

Le mot de la Gynéco

De l’avis du Dr véronique Bied-Damon, co-auteure du Guide de l’Infertilité :

Procréer lorsque l’on a des comportements addictifs

« Les drogues et le comportement addictif en général, perturbent la production des neuromédiateurs cérébraux et donc également la commande de l’axe de reproduction cerveau (hypophyse)- ovaires ou cerveau- testicules en plus de leurs effets de toxicité directe. »

30% de chances en moins de parvenir à être enceinte

« La baisse de la fertilité est bien documenté concernant l’alcool et le tabac avec une baisse d’environ de 30 % de la fertilité chez les fumeurs. Le lien fertilité et cannabis est peut-être moins bien connu du public, et pourtant le cannabis contient une substance : le THC, qui se comporte comme un puissant perturbateur endocrinien « œstrogénique » entraînant une baisse de la libido chez l’homme, ainsi qu’une baisse de la production de spermatozoïdes mobiles . Chez la femme les effets œstrogéniques interfèrent sur le cycle hormonal avec des troubles de l’ovulation . »

Dans le cadre de la PMA


« En fécondation in vitro on observe une diminution du nombre d’ovocytes ponctionnés et une augmentation du risque de grossesse avec accouchement prématuré.
Il faut savoir aussi que le cannabis s’accumule dans l’organisme et que son élimination progressive. Il est donc nécessaire d’arrêter sa consommation de cannabis au minimum deux à trois avant un retour à la normale . Fumer du cannabis ou de la marijuana n’est donc pas anodin lorsque l’on cherche de tomber enceinte aussi bien pour la fertilité masculine que féminine. »

L’importance de dialoguer avec le gynécologue

« Dans la plupart des centres d’AMP, les couples ne sont pas pris en charge temps que leur tabagisme ou leur consommation de drogue n’est pas contrôlée . Il ne faut donc pas hésiter à nous en parler afin de mettre en place une prise en charge spécifique pluridisciplinaire avec des psychologues, pour se libérer de cette addiction nuisible à la fois votre santé mais aussi pour celle de l’enfant avenir par l’empreinte épigénétique de ces drogues sur le fœtus, responsable à l’âge adulte de maladie. »

Le sevrage et le projet de parentalité

« Il est donc nécessaire d’envisager de se débarrasser de vos addictions avant de démarrer une grossesse dans de bonnes conditions pour vivre pleinement et sereinement cet heureux événement et ainsi préserver votre exemplarité de parents libres de toutes addictions. »

Le mot de la PSY

De l’avis de la psychothérapeute Valérie Grumelin Halimi, co-auteure du Guide de l’Infertilité :

Post confinement : où en est votre désir d’enfant ?

A l’instar des « fertiles », nombre de couples infertiles voient aujourd’hui leur projets de conception mis à mal, lorsqu’ils ne volent pas en éclats ! Si l’on ne disposent pas à ce jour de statistiques pour appuyer les dommages engendrés par près de deux mois et demi de confinement, les cabinets d’avocats semblent déjà crouler sous les demandes de divorces, tandis que les Centres d’AMP risquent de voir croître le nombre d’abandons de procédures.

Covid 19 & PMA : ce que le Coronavirus change pour les couples infertiles

Quelles sont les conséquences de la crise du Covid-19 pour ces couples et les nourrissons à venir ? Gynécologue endocrinienne spécialiste de la reproduction, de l’infertilité et de l’AMP, le Docteur Véronique BIED DAMON fait le point sur la situation de ceux qui sont en plein projet bébé.

Comment une infertilité expliquée peut-elle devenir psychologique ?

Saviez-vous que l’infertilité psychologique peut également s’inviter chez des couples chez qui l’infertilité est expliquée par un dysfonctionnent physiologique, tel une insuffisance ovarienne, ou encore une azoospermie. Comment cela est-il possible ? Quelles sont les conséquences et les solutions ?